l'Elfigraphe de Brocéliande

Klaod Roparz n’a jamais photographié 5846 gobelets de plastique habilement agencé pour former les lettres ‘’NON’’ afin de dénoncer la société de consommation. Klaod Roparz répugne à se déplacer pour photographier une femme opprimée en Iran – le méchant pays- pour aller l’exposer à New-York – Quelle ville fabuleuse ! - dans une salle à l’air conditionné en mangeant des petits fours.

Klaod Roparz ne fait pas, non plus, des œuvres qui sauveront la planète. Bref, il y a un tas de chose que Klaod Roparz ne fait pas. Il est occupé: il fait des photographies merveilleuses.

Kload Roparz aime les images qui touchent la matière dans les rudes écorces, les bois blessés, les paillettes qui scintillent sur l’eau. Il aime les arbres qui s’élancent en poussant un cri, le doux silence des bateaux qui reposent, le son moelleux de l’eau contournant la roche.

Il aime voir les dernières couleurs pavoisant un navire mort, le jaune d’or qui couronne une vague bleue, les courbes érotiques d’une rose. Bien que caché au milieu d’une forêt en Bretagne, notre homme a toutefois effectué quelques sorties.

Ainsi en 1992 il expose au Grand Palais à Paris, en 1993 il montre des photographies équestres à Chantilly, en 1994 ce sont ses images du Portugal qu’il donne à voir (et qui obtiendront des propos louangeur de J. Chirac, alors président). Bref il fait une exposition par an.

En 1995, il est l’auteur de l’ouvrage Amiens-mémoire (préface de Jean-Pierre Pernault) et, en 2007, c’est le livre Brocéliande Elfigraphiée qu’il signe.

Il semble que klaod Roparz aurai ainsi continué longtemps – au rythme d’une exposition par an, d’un livre tout les dix ans – si l’engouement que suscitent ses photographies ne l’obligeait à augmenter ses cadences.

En octobre 2010, c’est la sortie de l’ouvrage Cimetières de bateaux avec trois expositions simultanées durant l’été en Bretagne, un autre ouvrage en préparation pour 2011, une exposition à Paris prévue pour fin 2010.

Tout cela nous prouve qu’en photographie contemporaine, une poésie justement exprimée correspond à une vraie attente.

Discours de Claude Maire, expert en photographie Anciennes et de collection à l’hôtel Drouot à Paris / septembre 2010